Première dame, un mag Bruni-minal

Publié le 4 avril 2008 (modifié le 10 janvier 2010) par Erwan

Couverture du magazine Première dame, n° 1, mars 2008.Peut-être déplorez-vous qu’on parle tant de la vie privée des célébrités et, entre autres, de celles de Nicolas Sarkozy et de ses proches. Des vacances du président, de ses SMS ; de Cécilia, puis de Carla. Vous voudriez vraiment qu’on évoque beaucoup moins tout ça. Vous déplorez un déficit d’authenticité, de profondeur, d’attention aux choses importantes.

Vous voudriez qu’on présente un peu plus les choses telles qu’elles sont. Qu’on parle davantage de démocratie et de politique. De la vraie politique. Il y a tant et tant à faire.

Je découvre (avec un mois de retard) la couverture du premier numéro de Première dame, un magazine qui, manifestement, n’est pas pour vous. Remarquez, il y a pire. Il y a tous ces magazines qui tapent complètement à côté et qui ont un peu raison de le faire, s’il s’agit de rechercher la mode, la beauté, ce genre de choses.

Ah oui c’est clair, on pourra embrasser avec cette publication toute la politique mondiale, sans omettre le moindre recoin de sa surface. Sauf peut-être s’il y a des plis, des rides, car ça ce n’est pas beau.Mais la rédaction de Première dame montre ici qu’elle n’a pas peur de la difficulté. D’ailleurs, la seule apparition d’un nouveau magazine dans cette morosité ambiante, quel que soit son thème, c’est un petit acte de courage, non ?

Le décalage entre le titre et la personne représentée, forcément un peu surprenant (mais il faut bien capter l’attention), nous permet de mesurer d’emblée tout un champ d’action pour ce journalisme qui s’annonce d’investigation. Ah oui c’est clair, on pourra embrasser avec cette publication toute la politique mondiale, sans omettre le moindre recoin de sa surface. Sauf peut-être s’il y a des plis, des rides, car ça ce n’est pas beau. Ça n’intéresse personne. Et pour cause, ça ne présente aucun intérêt.

Elle est vraiment surdouée à croquer

Surprenante aussi cette couverture « chocolat ». D’abord le chocolat intercontinental des mots : Sénégal, Barack Obama, et Rama Yade bien sûr, tout en typo et et en pixels, sur un fond chaud. Avec une telle couverture on ratisse large et, en même temps, ça semble hyper-ciblé. On devine une puissante cohérence éditoriale, une vraie profondeur. Nous parlons de journalisme, pas de marketing, cela va de soi.

En couverture, donc, notre secrétaire d’État chargée des affaires étrangères et des droits de l’Homme depuis le 19 juin dernier. Assurément, c’est pour rendre hommage à son intelligence, à son action et rien qu’à cela qu’on la met en couverture du premier numéro. Vous pensez. Elle y apparait plus naturelle que jamais (fou ce sourire étincelant, assorti au blanc de ses globes oculaires et au nom du magazine… le hasard fait bien les choses). Elle est beaucoup moins mate que d’habitude. Un coup de gloss, entre autres, et le naturel revient au galop. Une preuve d’intelligence et de savoir-faire en soi, le coup du gloss.

L’autre, elle n’est pas en couverture de ce premier numéro, très « éthniquement » marqué. Pas encore. N’insistez pas, ce n’est pas le bon moment. Ce sera peut-être pour faire une couverture plus emprunte de cette « italianité » chère à Roland Barthes. Peut-être après une couverture de numéro 2 très pink, dédié à Roselyne Bachelot ? Hum pas sûr pour Roselyne, pas gagné. Franchement. Il faudrait d’abord compter les plis pour être sûr que ça peut être intéressant ; c’est que, voyez-vous, le plafond a été fixé assez bas. Peut-être alors un numéro 2 juste un peu moins chocolat, avec Condoleezza Rice ? Et l’autre, ce sera peut-être pour le numéro 3 ? Peut-être, on verra, on verra…

Bien qu’elle ne soit pas encore là, l’autre, vous sentez déjà bien sa présence vous aussi. Ne serait-ce qu’à travers le titre - évidemment - ou encore à travers ces lambris teintés, brunis (haha très drôle). Elle viendra, c’est sûr. Pour l’heure, elle est en train de se refaire une beauté, bien que ce ne soit pas nécessaire (quelle femme intéressante !). Vous savez comment sont les femmes. Ah! les femmes…


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