Lecture de « Comment le web change le monde »

Publié le 16 juin 2008 (modifié le 19 juin 2009) par Erwan

Couverture du livre Comment le web change le monde, par F. Pisani et D. Piotet, éd. Pearson, 2008.Ce billet est une contrepartie. J’ai découvert cette proposition sur le blog de Francis Pisani : les blogueurs pouvaient recevoir gratuitement un exemplaire du livre Comment le web change le monde, l’alchimie des multitudes (Pearson éducation France) ; en retour, il est proposé que « ceux et celles qui le reçoivent en parlent sur leur blog… pour en dire exactement ce qu’ils en pensent ». Dont acte.

L’initiative est intéressante, bien qu’elle m’ait donné matière à hésiter : où placer le curseur entre « sympathique » et « intéressé » ? [1] J’ai finalement décidé de me livrer au jeu, puisque je pouvais faire librement usage de ma « liberté de penser » et d’expression. Merci donc aux auteurs et à leur éditeur de leur envoi.

L’évocation de ce livre me m’amène à dépasser une fois encore les frontières habituelles de ce blog (l’image et ses usages). Je pense toutefois que ce commentaire a sa place ici, ne serait-ce que parce qu’il me donne l’occasion de revenir sur le cas Flickr.com, célèbre plateforme américaine de stockage et de partage d’images dont il a déjà été longuement question ici.

Les auteurs du livre

Francis Pisani est un passionné multi-casquettes de nouvelles technologies : il est présenté selon différentes sources comme enseignant, consultant, blogueur. Lui se présente d’abord comme un journaliste indépendant, vivant à San Francisco.
Dominique Piotet est directeur de la filiale américaine de L’atelier (structure de BNP Paribas et dédiée à la veille technologique), consultant auprès des grandes entreprises, intervenant en France à la radio (BFM) et dans la presse (La tribune).

Un livre stimulant

Les deux auteurs proposent de faire un point sur ce qu’est devenu le web aujourd’hui, et plus particulièrement sur les changements induits, aujourd’hui et demain, par la « participation » accrue des internautes depuis quelques années. Nourri par la lecture critique des gourous du web 2.0 (Tim O’Reilly en tête), par des interviews, et par la présentation de nombreux sites illustrant le propos, l’ouvrage n’apprendra sans doute pas grand-chose aux experts, mais il éclairera le commun des internautes sur les tendances actuelles, en élargissant probablement sa vision des choses. À ceux-là, je ne peux que conseiller cette lecture, stimulante, en dépit des nombreuses « remarques » qu’elle m’inspire.

Le livre intéressera peut-être en tout premier lieu ces décideurs du monde de l’entreprise qui ne surfent sans doute pas toujours aussi souvent qu’ils le devraient. Car il est beaucoup question des rapports entre les entreprises et les masses utilisatrices d’internet, dont le pouvoir de nuisance augmente ou, si l’on préfère, se « démocratise » ; on sent qu’il y a là comme une inquiétude à prendre en compte. Et, pour les moins frileux, des opportunités à saisir, des exemples dont on peut s’inspirer, bien que les « modèles d’affaire » sur internet soient il est vrai « encore très fragiles ». En pleine réflexion sur ces questions, j’ai trouvé dans le livre pas mal de grain à moudre.

Le plus intéressant (pour moi)

Ce qui m’a le plus intéressé c’est la découverte, dans la partie centrale du livre, de commentaires autour de l’idée de faire des internautes des fournisseurs de contenus « bénévoles », dont le travail permet de générer une plus-value. Ce que j’ai lu m’a apporté la confirmation d’une hypothèse livrée sur ce blog il y a quelques temps concernant Flickr.com [2], bonne illustration de la notion de crowdsourcing (pp. 106-107) :

« La ‘participation’ qui se trouve au cœur de la dynamique animant le web aujourd’hui donne ainsi lieu à un vrai modèle économique dont le pôle le plus extrême, certains diront ‘le plus brutal’, est le crowdsourcing ou, littéralement, l’‘externalisation de la production à la foule’. Cela consiste à confier à un groupe indéterminé de personnes une tâche normalement réalisée à l’intérieur d’une organisation. On peut y voir un merveilleux outil de collaboration ou un effroyable mécanisme d’exploitation.

Le terme s’inspire de deux expressions à la mode - out-sourcing et wisdom of crowds [externalisation et sagesse des foules] - mais les dépasse. Popularisé par Jeff Howe dans un article de la revue Wired de juin 2006, il a aussitôt été repris par de nombreux blogs et par un article de Business Week pour y sensibiliser les milieux d’affaire américains. Howe repère cinq principes communs à tous les cas de crowdsourcing qu’il recence :

les gens sont géographiquement dispersés ; les tâches doivent être divisées en microtâches car les participants ne s’y attaquent que par moments brefs ; les foules en question regorgent de spécialistes. Des vrais pros, des passionnés, des gens qui s’y connaissent ; l’essentiel de la production ne sert à rien. L’astuce est de trouver des filtres efficaces car le crowdsourcing n’augmente pas la qualité de talents disponibles, il permet de les trouver et de les mettre en relation avec d’autres ; la foule sait faire émerger les perles qu’elle produit et éliminer le reste, comme tend à le montrer Wikipedia. »

Comment ne pas retrouver, dans nombre de ces principes, l’algorithme d’intérêt (interestingness) de Flickr, principe ludique et mystérieux motivant l’ajout de données et permettant de repérer les talents grâce à la communauté (sans nécessairement viser l’augmentation de la qualité de talents disponibles). Plus globalement, voilà qui m’amène à reconsidérer - aujourd’hui plus négativement encore qu’hier - les applications ludiques telles qu’on les trouve en abondance dans Facebook [3]. Qu’on se le dise, le jeu n’en est pas vraiment un, et notre vision des choses est volontairement tronquée.

Une approche (nécessairement ?) incomplète

Retour au livre. Parmi les bémols dont je souhaite faire part, il y a la quasi absence du traitement de certains thèmes, étonnante si l’on considère le titre du livre, très général. Pas grand-chose à se mettre sous la dent sur la Politique (avec un grand P), par exemple, qui concerne aussi les « multitudes ». Ceci alors que F. Pisani se présente comme un journaliste politique. À sa décharge, il est vrai que sur ce plan, le web est largement sous-employé et ne semble pas près de changer vraiment le monde, pas même la seule démocratie, en France en tout cas. Mais ce qui vaut ici ne vaut sûrement pas partout ailleurs.

(Ill. Couverture du magazine Courrier international, hors-série de fin 2007 consacré au web 2.0.)
(Ill. Couverture du magazine Courrier international, hors-série de fin 2007 consacré au web 2.0.)

Ceci m’amène à un autre bémol, plus sérieux : le terrain d’investigation des auteurs se veut centralement - quasi uniquement - nord-américain, même si de nombreux sites mentionnés sont évidemment utilisés plus largement dans le monde. Il est vrai que sur son blog, F. Pisani déclare se consacrer uniquement aux TIC « telles qu’on les comprend et les perçoit en Californie ». Mais le titre du livre pouvait laisser espérer que l’horizon serait élargi ; ne se passe-t-il donc rien ailleurs ? La Silicon Valley est-elle donc cette boule de cristal unique, la seule à même de livrer les clés de l’internet de maintenant et de plus tard ? La lecture du récent numéro hors-série de Courrier international, dédié au web 2.0, aide à mesurer certaines grosses lacunes thématiques et géographiques [4].

Quitte à voir surtout les choses selon le prisme de l’économique et du business, pourquoi parler si peu de la publicité, ce « nerf de la guerre » qui s’impose avec le règne (de plus en plus relatif) de la gratuité ? Je m’étonne de voir le sujet bien maigrement traité (pp. 169-171, principalement). Sa prégnance sur internet dès l’époque du « web 1.0 », contribue-t-elle à ne pas la voir prise en compte dans cadre d’une approche du web 2.0 ? L’importance des chiffres mentionnés par les auteurs eux-mêmes (p. 169) fait partie des éléments justifiant mon manque d’un traitement un peu plus ample.

Et quitte à s’aventurer dans les terres nébuleuses du web 3.0 (n’est-il déjà pas suffisamment délicat d’identifier les changements en cours ?), il est aussi à regretter que les enjeux du web sémantique, « trop compliqué pour séduire » (p. 236), n’aient pas été plus soigneusement présentés.

Une élaboration peut-être un peu trop « 1.0 »

Pour la fabrication de ce livre, on aurait aussi pu espérer de la part des auteurs une approche plus « 2.0 » dans l’âme - sans qu’elle se résume à un effet purement stylistique. Il est reconnu dans le livre que « l’approche consistant à observer les comportements est essentielle » (p. 231), mais c’est vers les « experts » qu’on continue de se tourner, sans que le rôle central de ces experts soit toujours l’observation des comportements. Parmi les témoignages convoqués, je crois bien que c’est l’expert le plus attentif au comportement des autres - et plus particulièrement des jeunes Américains - qui m’a le plus intéressé : l’anthropologue et doctorante de Berkeley, Danah Boyd (pp. 31-34).

Avant publication du livre, une consultation plus large (plus diversifiée) aurait sûrement été fertile en enseignements : associations d’utilisateurs (par exemple autour de la protection des données privées), modérateurs ou autres représentants de communautés, blogueurs issus de différents milieux, publicitaires, développeurs…

Le livre souffre aussi je pense d’un manque de véritable mise en perspective, d’inscription de l’actuel dans une histoire « longue » de l’informatique en général et d’internet en particulier. Certes, il y a bien quelques retours sur l’origine de certains sites de référence (p. 30) ou sur l’époque des hippies (pp. 117-120), mais ils sont courts et disparates.

Gardons-nous de jeter le bébé avec l’eau du bain. Certains écueils sont judicieusement évités par les auteurs, plus ou moins nettement, tels que ne laisser aucune place à la critique du web 2.0 (« exploitation » des masses à travers le crowdsourcing ; dangers liés à notre vie privée, à nos données personnelles placées « dans les nuages »… ; stratégies contestables des journaux et magazines en ligne) ; céder aux sirènes enflammées de « l’intelligence collective » ; ne pas distinguer nettement les logiques de « libre » et d’« ouvert » ; ou encore relayer, sans le nuancer, le complexe du digital immigrant face au digital native. Dommage tout de même que l’intérêt porté aux pratiques des jeunes soit essentiellement motivé par leur statut d’early adopters, d’indicateurs supposés des usages de demain…

« Webacteur » ?

Il y a aussi quelques points de désaccord, ou en tout cas de décalage. Le terme vague de « webacteur », proposé par les auteurs pour remplacer celui d’internaute, ne me convient pas. Quel que soit l’angle sous lequel on le considère, l’internaute a toujours été un « acteur », et pas seulement un voyageur passif : surfant, lisant, cliquant, activant ou désactivant, s’abonnant ou non… Par ailleurs, évidemment, de nombreux contenus ont été et sont toujours explicitement faits pour que l’internaute les découvre. Rien qu’en tant que simple destinataire, l’internaute était et demeure un « acteur », protagoniste incontournable d’internet. Un peu comme les téléspectateurs sont des « acteurs » de la télévision d’aujourd’hui, ayant au moins le pouvoir d’éteindre ou de zapper). Inversement, il y a encore de nombreux webacteurs qui se contentent d’une activité peu visible, si ce n’est par le biais d’outils de tracking.

Puisqu’on ressent le besoin de faire évoluer les termes, il me semble nécessaire de témoigner plus clairement du passage historique du one-to-many au many-to-many davantage possible avec l’internet actuel. Il me semble donc un peu plus judicieux de présenter l’internaute tel qu’il apparaît aujourd’hui comme un « web-éditeur », bien qu’il existe entre ces web-éditeurs de très grosses différences, de divers ordres.

D’abord une différence de degré : son activité d’éditeur peut se traduire par l’éventuel site ou le blog qu’il construit, ouvre, alimente, promeut et aujourd’hui finance. À un niveau plus diffus, il peut commenter, indexer, mettre en favori (voir ce que ça donne sur del.icio.us ou Flickr par exemple), voter, noter, recommander d’une façon ou d’une autre. Les différences sont que ces actions sont aujourd’hui plus faciles ; qu’elles se font intégralement « dans les nuages » (y compris le classement comme favori) ; et que cela a une incidence éditoriale largement visible [5].

Une autre différence importante est le niveau de conscience de l’internaute de sa dimension d’éditeur : l’internaute sait-il combien certaines de ses actions peuvent avoir une incidence sur le contenu en ligne : présence (plus ou moins visible) ou absence, ordre(s) ou désordre (Cf. mon récent article sur le profil Facebook) ? J’en doute fortement. Je pense qu’il faut prendre conscience du fait qu’en se sophistiquant, en gagnant aussi en importance au plan stratégique, internet perd simultanément de sa transparence, y compris aux yeux des plus aguerris. Malgré tout, aujourd’hui, l’internaute, qu’il le veuille ou non, est toujours un web-éditeur (ou un coéditeur, selon que son rôle est central et primordial ou périphérique et secondaire), y compris malgré lui, ou sans qu’il s’en rende toujours compte.

[Edit : À la réflexion, je ne suis pas certain que le terme de web-éditeur convienne davantage. L’édition est je crois un acte conscient or, justement, l’influence de l’internaute sur ce qui est édité n’est pas toujours choisie ni consciente à notre époque. Peut-être alors « web-contributeur » ?]

La technologie compte énormément

On voit ici apparaître l’importance de la technologie et des choix qui y ont trait. Or précisément, je n’adhère pas pleinement à l’approche de la technologie des auteurs sur ces questions.

Le début du livre est ponctué de remarques telles que « la technologie importe peu, surtout si elle sait se faire simple et peu intrusive » (p.17) ; « les technologies comptent peu » (p. 27). Les auteurs donnent parfois - pas systématiquement il est vrai - l’impression d’amalgamer l’importance de la technologie et la difficulté de son utilisation par l’internaute. À mes yeux, la technologie a une importance fondamentale, même si parallèlement les développeurs s’emploient à la rendre simple. Je persiste à penser que les données accumulées ne sont rien sans une technologie conçue et mise en œuvre pour les manipuler. Sans une manipulation de l’information, sans un réglage fin de la technologie convoquée, aucune « sagesse des foules » (Surowiecki, cf. pp. 102-106) ne sera jamais sérieusement envisageable (et dans un sens, c’est peut-être préférable…).

La technologie n’est pas seulement importante parce que c’est précisément elle qui contribue à nous simplifier la vie ; c’est son emploi qui autorise la mise à disposition (ou pas) de nombreuses fonctions et informations. Or la richesse (et la pertinence) des fonctions offertes est un argument de vente qu’il ne faut surtout pas sous-estimer sur internet.

Sur ce plan, la technologie n’est pas du tout quelque chose qu’on dissimule à l’utilisateur, au contraire. C’est à la fois la simplicité de prise en main et la richesse des fonctions d’édition qui ont fait et font toujours le succès d’une plateforme comme Flickr.com. C’est notamment la richesse des possibilités techniques offerte au blogueur par Wordpress qui m’a amené à adopter cette plateforme.

Une « alchimie » qui peut tourner au vinaigre

Une autre de mes quelques déceptions de lecteur a trait au jugement très incertain vis-à-vis de changements pourtant longuement évoqués sur la planète web. Mais peut-être est-ce au fond la posture à la fois la plus courageuse et surtout la plus adéquate. Le double titre du livre amène à se demander ce qui a le plus d’effet selon les auteurs : le web, outil démiurgique « changeur de monde », ou les multitudes sorcières, qui « alchimisent » à travers lui [6].

Personnellement, j’ai tendance à voir « l’alchimie des multitudes » comme un ensemble de « formules magiques » qui restent largement à inventer. Le crowdsourcing est certainement l’une de ces formules, ou plus exactement un sous-ensemble de ces formules, aujourd’hui concoctées essentiellement par quelques entrepreneurs malins. Attention à ne pas les laisser faire du web une « alchimie des multinationales ».

Écrire cela revient-il à estimer que l’« intelligence collective » restera pure incantation (à grande échelle en tout cas) pour longtemps encore ? Il me semble évident que le ressort essentiel est bien moins souvent le « savoir », encore moins le « comprendre » (bien qu’ils puissent émerger à la marge), que la rentabilité, encore et toujours… pour cette raison, l’exploitation des masses (ou des multitudes, si on préfère) a quelques sérieuses chances de primer sur le partage des fruits, qu’ils soient d’ordre financier, intellectuel ou autre.

Sans doute les auteurs se sont-ils interdit de dresser un bilan d’étape aussi pessimiste, ce en quoi je ne peux complètement leur donner tort. Il ne faut surtout pas se résigner, se contenter d’une posture de vigilance. Internet en général et le web en particulier constituent un défi perpétuel lancé à notre intelligence, à notre imagination. Le web demeure une immense et passionnante aventure qui commence, et que nous avons la chance incroyable de vivre. Il faut simplement être conscient que ses suites peuvent être soit éminemment positives pour l’humanité, soit profondément catastrophiques. Je vois aujourd’hui le web comme autre chose qu’un ensemble de réseaux. C’est aussi un véhicule ; un puissant accélérateur virtuel pour l’histoire de l’humanité. Mais en ce jour, chaque fois que je consulte le GPS de l’internet mondial (faute de pouvoir encore disposer de Galileo), je ne nous vois pas prendre le meilleur des chemins.


Notes :
  1. Je ne peux ignorer le fait que parler d’un livre un peu partout dans la blogosphère peut contribuer à le poser comme une référence, quel que soit son contenu. En outre, les blogueurs ne manqueront pas de faire le lien vers le blog de F. Pisani. Voilà donc une opération qui dopera à la fois les ventes et le Page rank de Transnet. Bien vu. Cependant, je refuse de voir l’initiative comme purement publicitaire, et le sujet m’intéresse grandement. [retour]
  2. Le lecteur intéressé trouvera mes billets sur le sujet en cliquant ici. Je fais ici plus précisément allusion à l’article « Flickr et son interestingness: jeux de dupes? », composé de deux billets. [retour]
  3. (Ajout, 17/06/2008) Lire à ce sujet l’édifiant article suivant, à propos de la récupération de données via l’installation d’applications sur Facebook : « La BBC met à mal la confidentialité sur Facebook » (5 mai 2008). [retour]
  4. Cf. Courrier international, hors série, octobre-novembre-décembre 2007. [retour]
  5. Les auteurs eux-mêmes admettent que le nombre de recommandations d’un article du site lemonde.fr tend à remplacer une partie du rôle de la rédaction du site (p. 220). [retour]
  6. Au passage, on peut voir un mini-paradoxe dans l’emploi de ce mot alchimie par les auteurs. Ils souhaitent repousser une approche trop religieuse d’internet, et cependant, d’après une citation de René Alléau tirée de Wikipedia : « il convient surtout de considérer l’alchimie comme une religion expérimentale, concrète, dont la fin était l’illumination de la conscience, la “délivrance de l’esprit et du corps” […] Ainsi l’alchimie appartient-elle plutôt à l’histoire des religions qu’à l’histoire des sciences ». Bien sûr, cette note n’est de ma part qu’un petit clin d’œil… [retour]

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Un commentaire sous ce billet :

  1. graigue le 16 juin 2008, 20:18 :

    Tres interessant !
    Et plus globalement on peut s’interroger sur le terme “Web 2.0”, qui pourrait etre remplacé par “Minitel 2.0”.
    Avant c’etait 3615 quelque chose, maintenant c’est http://www.google.com !
    Avant l’esprit d’internet, c’etait le Peer to Peer, le partage d’information, maintenant c’est la centalisation des infos sur des serveurs privés…
    Une video qui resume le tout (mais un peu longue) a voir ici : http://www.fdn.fr/minitel.avi

  • Vu, lu ailleurs

  • Citation

    • « Des poètes en transe m'ont chanté que le langage était pauvre, si pauvre! Que non monsieur! Le langage, me semble-t-il, est riche, excessivement riche, comparé à l'indigence et à la limitation de la vie! La douleur a ses limites, que la souffrance physique trouve dans l'évanouissement, la souffrance psychique dans l'hébétude, il n'en va pas autrement du bonheur! Mais le besoin humain de communiquer a inventé des accents qui vous leurrent en vous faisant oublier ces limitations.  »

      Thomas Mann, "Déception", in Romans et nouvelles .I, 1896-1903, coll. Classiques modernes, éd. Le livre de poche.