L’art d’insulter le client avec sa propre image
Publié le 18 septembre 2007 (modifié le 14 janvier 2009) par Erwan
La RATP ou encore le nouveau réseau de cinémas UGC-Mk2, cherchant à simplifier la vie de la clientèle qui s’abonne, ont choisi d’assumer la réalisation du portrait photo. (Petit) souci : le résultat ressemble à une injure.
Cette tête de « web-camé » vous est-elle si nécessaire ?
Pour emprunter régulièrement les transports en commun de la région parisienne, de plus en plus d’usagers sont amenés à se procurer une carte d’abonnement nommée « passe Navigo ». Sur cette carte figure une photographie de l’abonné(e), prise en agence au moyen d’une simple webcam.
Le résultat qu’on m’a proposé en ma qualité de nouvel abonné, il y a déjà quelques mois de cela, est affligeant. Passe encore que ma tête soit complètement décentrée à gauche dans le cadre, mais que mon visage soit seulement éclairé par le néon blafard et hésitant du plafond de l’agence ; que la finesse de l’image soit si redoutable qu’on peine à y distinguer l’existence de mes lunettes… Nul besoin d’être un hypersensible de l’image pour estimer que c’est là du grand n’importe quoi.
Je ne demande pas qu’on m’embellisse. […] J’aimerais simplement qu’on ne massacre pas trop mon visage sur l’image. Nothing else.Quelle est l’utilité de ce portrait sur une telle carte ? Dans la pratique, je peine à la cerner. La carte est dotée d’une puce lue à distance, qui déclenche une sonnerie à l’attention du conducteur du bus lors de l’embarquement, ou qui provoque l’ouverture d’une porte à l’entrée du métro. Aucun agent ne se soucie de cette photo. Pas même les contrôleurs qui, lorsqu’on les croise, s’emploient surtout à vérifier que la puce de votre carte, glissée dans un appareil, témoigne d’une façon ou d’une autre de sa validité. Je n’ai jamais rencontré un agent de la RATP faisant devant moi un va-et-vient des yeux pour vérifier la conformité de la photo avec ma bobine.
Non seulement c’est moche mais ça ne sert a priori à rien. Cette image détestable de moi-même, c’est juste pour moi-même. Merci du cadeau. Ou peut-être est-ce pour montrer à d’autres, dans d’autres sphères, qu’on sait personnaliser un titre de transport par l’image ? Passionnant. J’espère que le groupe RATP, qui propose depuis longtemps ses services ailleurs qu’en Île de France, saura impressionner son monde avec ça [1].
Quand la charge du portrait donne un portrait-charge
Il y a quelques jours, j’ai encore eu droit au même traitement. C’était lors de mon inscription à la formule d’abonnement « illimité » des cinémas des réseaux UGC et Mk2. Chez le « portraitiste » mis à l’entrée des salles du Mk2 où je me suis rendu, on a fait de moi une photo si réussie que j’ai pour l’instant encore du mal à sortir ma carte.
J’y ai été photographié à la webcam, encore une fois, toujours avec la lumière disponible des environs, mais cette fois en gros plan. Je suis plus ou moins à contre-jour ; la peau de mon visage est, selon les zones, rouge poivrot, violet tabassé, vert malade (surtout sous les yeux)… Bravo, je n’aurais pas su faire pire. On pouvait pourtant espérer que Marin Karmitz ferait un peu attention à l’image de ses clients cinéphiles, donc iconophiles… Et ça aurait probablement été la même chose si j’étais allé m’abonner dans un cinéma UGC, mais je m’avance.
Je sais que je ne suis pas George Clooney et qu’il n’y a rien à y faire (rien que j’accepte de faire en tout cas). Je sais que le ridicule ne tue pas et qu’il y a de bien pires outrages que celui de se faire tirer le portrait à la webcam en ce bas-monde. Tout de même, en principe, le client qui s’abonne n’a-t-il pas droit à un minimum d’égards ? Attention, je ne demande pas qu’on m’embellisse. Je ne demande surtout pas qu’on me coiffe ou qu’on me maquille, ni qu’on m’agrandisse les yeux ou me rehausse les sourcils à grands coups de Photoshop [2] ! J’aimerais simplement qu’on ne massacre pas trop mon visage sur l’image. Nothing else.
Lorsqu’une structure propose d’assumer la charge du portrait, cela ne lui donne pas licence pour faire un portrait-charge. Or dans les exemples livrés plus haut, le seuil de la qualité minimale de l’image a été franchi dans le mauvais sens et, avec elle, c’est un peu de ma dignité qui en prend un coup.
Un peu de « considération iconique » pour l’abonné(e)
Je ne peux qu’être d’accord avec ce souhait manifeste de chercher à simplifier la vie du client (même si, et ce n’est pas rien, par ce genre de transfert les photographes professionnels ont quelques soucis de plus à se faire). Mais pas pour un si piètre résultat. Si le client est roi, alors je suis Louis-Philippe, et on a confié par erreur mon portrait officiel à une sorte d’Honoré Daumier numérique, la férocité en plus, le talent en moins. Ce doit être une erreur, appelez-moi François Gérard !
Il n’y a qu’un pas à faire pour en venir à cette conclusion : ces photos consternantes coïncident d’une certaine manière avec l’image peu respectueuse que ces entreprises se font de leur clients, individuellement considérés. En recevant de la RATP ou de Mk2 une telle image de moi-même, je me sens insulté. On se paie ma tête. Un de ces prochains jours, j’invoquerai mon droit à l’image (!) pour exiger un résultat enfin acceptable. Blague à part, d’autres que moi se sont peut-être déjà révoltés face à une telle qualité de service, je n’en serais pas surpris.
Et qu’on ne vienne surtout pas me dire que c’est un problème de compétence du personnel. Pour la petite histoire, en 1857, alors que la photographie en était à un stade autrement plus rudimentaire qu’aujourd’hui, un certain portraitiste nommé Nadar l’affirmait :
« La photographie est une découverte merveilleuse, une science qui occupe les intelligences les plus élevées, un art qui aiguise les esprits les plus sagaces – et dont l’application est à la portée du dernier des imbéciles […], cette surnaturelle photographie est exercée chaque jour, dans chaque maison, par le premier venu et le dernier aussi […], et de votre cocher comme de votre concierge je me charge – c’est sérieusement que je parle – de faire en une leçon deux opérateurs photographes de plus. » [3]
C’est donc à mon sens un matériel adéquat [4], une procédure simple mais efficace, et en premier lieu une certaine considération iconique (entre autres) de la clientèle ou, plus simplement, une prise de conscience, qui font défaut aujourd’hui à ces entreprises. Pour l’instant, la qualité des photographies qu’on nous délivre a un petit air de famille avec la bouffe qu’on sert en classe éco dans les avions d’aujourd’hui. Voyez le genre ?
Notes :
- Je parle ici de la RATP, mais le passe Navigo concerne d’autres acteurs en Île de France, réunis au sein du Stif (l’autorité régionale des transports). [retour]
- Je fais ici allusion à un billet du nouveau blog Diplomatie Ouest-indienne (« Idée reçue n°1 : la dictature esthétique des médias » par le fou, 7/09) dont il a été question sur le nouveau site d’Arrêt sur images («Dictature de la beauté: c’est de votre faute, les filles ! (vous dit la blogosphère) » par Daniel Schneidermann, 12 septembre) et sur le blog Actualité de la recherche en histoire visuelle (« Arrêt sur images en ligne : ça commence mal » par André Gunthert, 14/09). [retour]
- Extrait de la revendication de la propriété exclusive du pseudonyme Nadar (Félix Tournachon-Nadar contre A. Tournachon jeune et Compagnie), déposé à la Cour impériale de Paris, à l’audience du 12 décembre 1857. Cité dans l’anthologie de textes Du bon usage de la photographie, coll. Photo poche, Centre national de la photographie, 1987, p. 9. [retour]
- Par « matériel adéquat », il ne s’agit pas de suggérer l’équivalent numérique du studio Harcourt à l’entrée des salles (ou dans les agences de la RATP). Mais peut-être qu’un matériel un peu moins minimal qu’une webcam, à savoir un APN correct et correctement réglé, un flash et un panneau uniforme en guise de fond, bref tout juste de quoi parler d’un mini-studio (pas trop mini non plus, il faudrait pouvoir prendre un peu de recul…), ne serait pas trop demander. [retour]
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De la considération pour la clientèle ? Maismaismais… en voilà une idée ! :)
les Rencontres de la photographie d’Arles utilisent le même dispositif pour leurs badges d’accréditation (les rencontres de quoi, déjà?) et vous obtenez à coup sûr votre portrait version “gastroentérite virale”. De quoi flatter le pro ou l’amateur de la photo, et le VIP iconophile:D
le fou, croyez que me suis posé quelques questions avant de publier ce billet, et puis j’ai fini par me dire que je ne pouvais pas être plus ridicule que sur mes cartes d’abonnement. Je publie donc ce que je pense, advienne que pourra, et je prends seulement la précaution de décrire mes photos sans les montrer ;-)
la dame, ce témoignage est tout à fait délicieux. J’ai failli parler aussi d’un badge peu flatteur qu’on m’a fait chez un précédent employeur…
Erwan, tu es beaucoup mieux que ce vieux beau de George Clooney… ;-)
Merci pour ce papier, très juste sur le fond (signalé sur ARHV). A comparer avec la procédure de choix d’image personnelle sur Facebook ou tout autre site web 2.0: on choisit l’image qu’on veut, on peut en changer quand on le souhaite… Un rapport décontracté avec l’identité, un jeu avec l’image qui paraît à des années-lumières de la pratique dégradée du portrait d’identité…
Bonjour André, et merci pour le signalement. Au delà du simple jeu de mots (qui va suivre), il me semble judicieux en effet de rapprocher d’une part la question de l’identité sous l’angle de l’avatar, cette apparence virtuelle qu’on se façonne et qui est potentiellement changeante et, d’autre part, les avatars du portrait d’identité.
Parmi ces derniers, je remarque que la taille de l’icone qui est censée nous représenter sur certains sites tel Flickr n’est vraiment pas bien grande. Quand bien même nous choisirions une belle photographie de nous, avantageuse mais tout de même assez conforme, celle-ci est immanquablement dégradée et nous fait souvent une sale tête, parfois fort peu reconnaissable de surcroît (le mode d’optimisation de telles images me semble devoir être abordé parallèlement à leurs dimensions). Une véritable incitation à tricher avec son apparence, en ne choisissant qu’un détail de notre visage ou une toute autre image.
C’est quand même hallucinant d’être imbu de soi-même au point de se sentir “insulté” et poussé à la “révolte” (!!!) par une image peu flatteuse, non pas sur une représentation publique, mais sur un objet individuel, personnel et purement utilitaire. Signe symptomatique des temps, et d’une société malade d’un individualisme gluant qui déborde de partout… Ma gueule, ma gueule, ma gueule…
Cette photo qui vous embête, d’une manière ou d’une autre, elle a un coût, et si elle devait être de meilleure qualité, nul doute que vous devriez la payer bien plus cher… Ce qui serait certainement l’occasion d’un autre billet sur le caractère parfaitement honteux (insultant, révoltant ?) de l’inflation du prix des abonnements…
Bref, je suis peut-être minoritaire (sur ce thème comme sur beaucoup d’autres), mais à mes yeux, cet article offre la pire des images possibles de son auteur, comme individu…
Merci Weinaiko de nous donner votre avis. Je m’attendais un peu à ce type de réaction. Je n’hésite pas à publier la vôtre car elle reflète sans doute ce que peuvent penser d’autres lecteurs.
Le sujet est assez futile (je l’ai dit) et l’approche est personnelle, oui, mais ne vous y trompez pas : ces expériences - et le fait qu’on puisse relativement mal les vivre - ne concernent certainement pas que moi. D’où mon idée d’en parler, de ne pas garder ça pour moi en individualiste (parfait pour le coup). C’est une façon de dire aux autres : “regarder comme c’est nul” ou surtout “voyez, il n’y a pas que vous qui trouvez ça infamant”. Pour avoir fait quelques temps, en tant que “job étudiant”, des photos d’identité d’autres personnes, je sais à quel point nombre d’entre elles peuvent être sourcilleuses avec leur image ! Et je ne me compte pas vraiment parmi elles ; je ne refais jamais mes photos d’identité, par exemple.
Ce qui me choque surtout, c’est le soin que ce type d’entreprises apporte à son image et, comparativement, le mépris apparent avec lequel elle gère la nôtre, tout en prétendant nous arranger. D’autant que ces images, dans le principe ou compte tenu de leur mauvaise qualité, ne sauraient être grandement utilitaires, je l’ai dit également. Pourquoi ne pas soigner un peu aussi celles-là ? Pourquoi ne pas songer que ça peut faire plaisir d’avoir une photo simplement correcte et, tout simplement, que ça fait partie de leur communication externe, si parfaite par ailleurs ?
Enfin, et c’est là une objection d’un autre ordre, je ne pense pas que ce soit tant une question de coût - combien coûte un APN et un flash aujourd’hui ? -, qu’une question de respect, j’y reviens et j’en termine.
Je me ferai une raison, sans doute, mais j’ai tout de même du mal à me contenter de la médiocrité lorsqu’elle ressemble à ce point (je persiste) à une insulte.
Merci Erwan d’avoir publié mon commentaire et d’y apporter une réponse argumentée. J’ai un goût pour la polémique et même pour la provocation, et une réponse sereine est toujours la meilleure réponse que l’on peut apporter à l’une ou l’autre. Bravo.
Je partage votre conviction selon laquelle les entreprises méprisent leurs clients, mais sur la foi de symptômes bien plus inquiétants, il me semble, que celui qui vous fait bondir ici : les cartes de transport qui nous pistent, les dispositifs de fidélisation (d’autres cartes, souvent) qui permettent l’analyse de nos habitudes de consommation et fournissent aux corporation la capacité de nous ranger dans des cases auxquelles correspondent une démarche marketing ciblée, me paraissent, par exemple, infiniment plus perverses que des photos de mauvaise qualité…
J’ai bien la sensation que les corporations nous insultent, mais pas en bafouant notre apparence, plutôt en méprisant notre intelligence et notre propension à la liberté. Ce sont elles qui, selon moi (et je sais aussi que je ne suis pas tout seul sur ce front…) sont en grande partie responsables de l’individualisme que je dénonçais, en réalisant le miracle de nous renvoyer à chacun l’image d’une personnalité unique, précieuse et même toute-puissante.
C’est justement parce que j’ai cru déceler, dans votre article, une réaction face à un déni supposé et/ou ressenti de votre toute-puissance (d’où la difficulté que vous revendiquez à “reconnaître” ces service, qui trahissent votre image d’être unique et précieux) que mon commentaire a jailli un peu vivement… Pardonnez le côté “psychologie de comptoir”, mais je ne me vois pas partir dans un long développement sur ce thème.
Laissez-moi enfin tenter de vous consoler de l’affront que vous ont fait subir UGC/Mk2 : le manque de ressemblance des photos de leur carte permet à un groupe de mes amis d’aller au ciné à tour de rôle, avec une seule carte… Là encore, je suis convaincu qu’ils ne sont pas les seuls…
Weinaiko, les “symptômes bien plus inquiétants” dont vous parlez, je ne conteste ni leur existence, ni leur importance, et je ne suis certainement pas le dernier à m’en soucier.
Toutefois :
- vous l’avez dit vous-même, il y a déjà du monde pour en parler, ne serait-ce que sur la blogosphère (même s’ils ne sont jamais assez, je vous l’accorde) ;
- et traiter de l’impuissance de la CNIL (entre autres) n’est pas vraiment la vocation centrale d’iconique.net.
En vous répondant cela, je ne cherche pas à me planquer derrière ma ligne éditoriale (qu’il m’est d’ailleurs arrivé de rompre cet été mais passons). Mon voeu est ici, en quelque sorte, de compléter le tableau par la marge que j’ai choisie, celle de l’image, où il y a je pense énormément de choses à dire. C’est vrai, je ne traite pas ces choses dans l’ordre décroissant de leur importance. Mais bien qu’il soit plus secondaire, ce complément me semble intéressant à plusieurs titres :
- D’abord, dénoncer ces images nous permettra peut-être, avec le temps, de voir s’il s’agit ici d’un nouveau signe de mépris ou plutôt d’un impensé. Si ce n’est qu’un défaut de prise de conscience, celui-ci peut être assez facilement et rapidement réparé je pense. Dans le cas contraire, il n’y aura pas réparation (tant mieux pour vos amis !). À suivre donc…
- Ensuite, cette question est symptomatique des nombreux déplacements liés à l’avènement de l’imagerie numérique et à la disparition parallèle de certaines professions ou compétences, donc d’une certaine qualité du portrait. Je veux pointer du doigt ici qu’on perd tous quelque chose et ça m’intéresse d’explorer la question. Que perd-on au juste ? Je ne me sentais ni unique ni précieux ni tout-puissant (à l’exception peut-être des quelques super-pouvoirs que me confère mon blog ;-)) ; ces images n’ont pas ébranlé ce qui n’existait pas (enfin je peux ne pas en avoir conscience). Je fais clairement la distinction entre ces images qu’on maltraite et ma petite personne qui, encore heureux, reste elle physiquement intègre. Ceci étant dit, je pense que dans notre société où l’on nous prend en photo et où l’on nous filme sans que nous sachions tout du résultat (les images de mes cartes d’abonnement ne sont certainement pas uniquement là) ; dans cette société truffée d’écrans et de caméras, l’image fait partie de ces données très personnelles dont l’importance, j’en suis convaincu, va croissante.
Tout en recevant vos demandes de nuance, il me semble que cet “angle d’attaque iconique” n’est pas totalement anodin. Car si nous ne sommes pas tous des rois, il demeure qu’il existe un rapport fort entre nos images et nous-mêmes, notre identité, dont nous n’avons pas toujours pleinement conscience. Ce n’est pas exactement faire montre d’un ego boursoufflé que de le rappeler, m’est avis. Il y a ainsi des familles géographiquement éclatées qui ne “tiennent” symboliquement que par l’existence, quelque part, d’un précieux album de famille rassemblant des images des uns et des autres (cf. notamment Serge Tisseron à ce sujet, Le mystère de la chambre claire).
Vous maniez admirablement les mots et les idées avec une orthographe parfaite et cela vous classe au-dessus de la plupart des bloggers, même professionnels, que je fréquente.
Cette discussion m’éclaire et m’intéresse bien plus que votre article. En effet l’important, dans l’histoire que vous racontez, pour moi, le lecteur (enfin un lecteur), c’est la disparition de la profession de portraitiste, sous l’effet du consumérisme - appelez-le comme vous voulez - et grâce, notamment, à notre acceptation de la perte de qualité, comme la multiplication de représentations de nos visages qui sont au mieux ridicules, parfois “insultantes” - votre terme.
Sous cet angle, cette histoire m’aurait véritablement passionné, d’autant plus que j’ai également cru, quoique brièvement, que je pourrais partiellement vivre de mes photos.
Ma première réaction était également due à ma méconnaissance de votre blog : je n’ai pas immédiatement compris que j’étais chez l’auteur des lignes que je lisais… Si vous me permettez de filer cette métaphore, j’ai cru que je poussais la porte d’une rédaction pour pousser une gueulante alors que je pénétrais chez un particulier. Si j’avais réalisé plus tôt mon erreur, je me serais essuyé les pieds avant d’entrer.
Il n’y a pas de malaise, Weinaiko. Vous savez que bien souvent sur les blogs, les commentaires sont plus intéressants que le billet qui les surplombe. Si le seul mérite de mon billet, à vos yeux, est de provoquer puis de “couver”, comme une poule sur ses oeufs, la présente discussion, c’est déjà ça.